Pour vous tenter de vous expliquer comment j'ai atterrit à l'autre bout de monde, je suis obligé de vous raconter mon histoire, la notre histoire plus précisément, mais le c½ur n'y est pas. Je devrais commencer par vous parler d'un soir d'été, il y a quelques années, la première fois où l'on a laissé nos c½urs l'opportunité de s'emballer, comment on a gommé les frontières et abattu les barrières. Il ne faudrait pas négliger les étoiles naissant au-dessus de nos têtes, ni le vent qui nous a rapproché. Je serais contrainte de vous dévoiler comment de cette douce soirée est née la plus grande tendresse humaine. J'aurais aimé vous compter la plus belle histoire d'amour, mais l'illusion est depuis longtemps dépassée, alors soyons sincères, ce n'est pas une belle histoire d'amour, ni même une petite histoire d'amour, ce n'est qu'une jolie histoire, puisque l'amour on l'a toujours laissé aux autres. C'est un soir d'été que tout a commencé. Et je serais resté la, survivant uniquement dans ces instants d'affections volés à l'éternité, si cela avait put suffire à notre bonheur, mais les soirs d'été ont un jour laissé place à un soir d'hiver, un de ceux sans charme, où le soleil a déserté alors que même la neige a perdu sa magie. J'ai jamais aimé l'hiver, et cette hiver restera certainement le plus douloureux. J'aurais put prendre le froid pour excuse et venir me blottir au creux de ses bras, mais le c½ur n'y étais plus, vivre en demi-teinte à ses côtés, un pas dans sa vie, l'autre à l'écart, je n'y arrivais plus vraiment. Je ne vous parlerez guère plus de ce soir d'hiver, l'empreinte de nos au revoirs me colle encore trop au c½ur, je vous avouerez juste que c'est de mes mots que la distance entre nos corps est née, notre osmose était éphémère, tenter d'enchaîner une harmonie volatile, c'était briser la magie à coup sur. Je serais restée la, si j'avais pas tout détruit, mais ne plus l'avoir, c'était autant invivable que l'avoir à moitié.
De notre soir d'été où l'on s'est découvert, à notre soir d'hiver où l'on s'est abandonné, il y a eu des centaines de soirs hors saison où l'on s'est perdu dans les méandres de la tentation, repoussant les limites au bord du gouffre, lové dans les bras l'un de l'autre plus par peur de la solitude que du froid environnant. Quitte à choisir je ne retiendrais que ces soirs hors-saison, où le temps s'abstenait un moment de s'écouler pour nous permettre de vivre pleinement en synchronisation avec nos envies, au rythme de nos battements de c½ur. Je pourrais vous en parler pendant des heures, mais ils appartiennent désormais à mon passé. C'est à cause d'eux que j'ai finit par prendre, le premier avion pour le bout du monde, la dernière chance de vaincre le souvenir de nos soirées. Me voila ici, seule, dans un aéroport désert, un soir quelconque, essayant de dépeindre le pourquoi de toutes ces larmes ruisselant sur mes joues.
Un texte que j'ai déposé sur le blog de mot-d-artiste suite au thème lancé : "un soir d'été ou un soir d'hiver".